Sur cette côte, témoin du passage de tant de civilisations, outre le spectacle étonnant d'une mer aux eaux limpides, vous découvrirez des richesses archéologiques datant de plus de 3000 ans avant notre ère : cités gréco-romaines magnifiquement conservées, nécropoles lyciennes perdues dans la végétation... A partir d’Ekincik, un caïque vous permettra de découvrir chaque jour des sites archéologiques dispersés ça et là, avec le privilège d'entrer dans ceux qui ne sont accessibles qu'à pied... Côtes découpées de la mer Egée, criques isolées, plages de sable et abondants souvenirs historiques seront également la toile de fond de nos baignades.
Jour 1 - Paris/Bodrum - Lac de Bafa
Vol Paris/Bodrum. Accueil à l'aéroport et transfert à Kapiriki, dans la région du lac de Bafa (1h), lui-même formé par l'envasement de l'ancienne baie dans laquelle débouche le fleuve Le Méandre. Ce lac est dominé par le Mont Latmos (1375 m) dont la forme tourmentée lui a fait gagner le surnom par les Turcs de ''Montagne des 5 doigts''. Il y a 2200 ans (à la période romaine), la rivière ''Méandre'' n'avait pas encore fermé de ses alluvions cette profonde baie qui continue à se combler peu à peu. Elle a été coupée de la Mer Egée, et est devenue ce magnifique lac aux eaux saumâtres. L'ensemble (montagne et lac) est devenu derniérement un Parc Naturel rigoureusement protégé. De nombreuses espèces d'oiseaux, dont certaines très rares, s'y trouvent désormais en sécurité : pélicans, flamants roses, grues, cormorans, canards, cigognes et autres migrateurs. Dans le lac, se pêchent encore des anguilles, mulets et brochets. La nature environnante est sauvage, présentant de grandioses chaos de roches ocres. Dîner au bord du lac.
Jour 2 - Lac de Bafa - Ekincik
Le matin, randonnée sur le site de l’ancienne Héraclée.
Des hommes se sont installés très tôt dans les grottes du Mont Latmos et y ont laissé des traces et des peintures que les archéologues datent d'il y a 11 000 ans. Puis, il y a 3 000 ans, ce sont les Cariens qui découvrirent à leur tour cet endroit retiré et y construisirent leurs villages. Sous le roi Mausolée, ils créèrent le port d'Héraclée qui prit une grande importance commerciale jusqu'à ce que l'envasement le coupe de la mer et interdise aux navires d'y accoster. Au 7ème siècle de notre ère, une importante colonie de moines (300) chassés du Sinaï par les Arabes colonisant l'Egypte et la Palestine, s'arrêta ici dans sa fuite. Le site est grandiose, sauvage et très beau, et leur offrait un abri sûr dans les grottes de cette montagne tourmentée dominant le lac. Ils y ont construit de nombreux monastères fortifiés et laissé de nombreuses peintures byzantines dans les grottes et les couvents fortifiés que nous visiterons.
Puis transfert à Ekincik (4h) et installation sur le bateau.
Jour 3 - Caunos - Dalyan - Crique d'Agalimani
Petit déjeuner à bord et débarquement sur la côte avec notre pique-nique pour entamer notre première randonnée d’environ 4 h. Sentier maritime, qui ondule sous les pins et longe des oliveraies surplombant la mer. Pique-nique en cours de route. Nous parvenons au site impressionnant de l’antique Caunos. Dés le 6ème siècle avant notre ère, la Caunos lycienne était déjà un port très actif, aux nombreux échanges commerciaux. Sous l’empire grec (de – 334, conquêtes d’Alexandre le Grand, à 130 avant notre ère, début de l’empire romain) et aux premiers temps de l’empire romain, ses commerces de sel et d’esclaves continuèrent à enrichir Caunos. Mais deux terribles maux la minaient : l’envasement de son port et, dans les lagunes, la prolifération des moustiques. Ceux-ci propagèrent le paludisme au point que les habitants présentaient un triste aspect cadavérique (Homère, pince-sans-rire, confirma que l’air était tellement sain à Caunos que même les morts marchaient dans la rue!). Vous verrez comment l’envasement a relégué l’antique port de Caunos à l’intérieur des terres, selon le même phénomène qu’à Ephèse. L’ancien théâtre grec, embelli par les Romains, un temple d’influence corinthienne, un nymphée (fontaine monumentale), les thermes romains, le gymnase, une église byzantine : autant de vestiges de l’Antiquité qui faisaient de Caunos une ville importante. En barque, nous nous approcherons des tombeaux lyciens creusés et sculptés dans la falaise, au dessus du village actuel de Dalyan. Toujours en barque nous descendons la rivière, bordée de roseaux, dont les alluvions ont envasé l’antique port, pour retrouver, après son embouchure sur la plage de Dalyan, notre grand bateau qui nous attend en pleine mer. Embarquement. Et navigation vers la crique de Aga Limani (2h30 de navigation), à l’entrée de la grande baie de Féthiye. Mouillage de l’ancre dans la crique de Aga Limani. Baignade.
Jour 4 - Cité d'Ikaros - Bains de Cléopâtre - Baie de Binlik
Baignade matinale, petit déjeuner, et débarquement sur la côte. Nous prenons un sentier qui va, en 4 heures de rando de bord de mer, nous mener d’abord aux ruines de l’antique cité d’Ikaros, puis aux bains de Cléopâtre, enfin à la baie de Binlik où nous rejoindra notre bateau. Les archéologues n’ont pas su expliquer grand chose des vestiges d’Ikaros, à partir des ruines de ses temples, de ses citernes, de ses amoncellements de pierres. Cité antique (d’avant notre ère, puis remaniée par les Romains) trop éloignée des grands axes, trop isolée. Bonne pour nous, les aventuriers! Quelques bergeries et fermes isolées en cours de route. Forêts de pins et collines arides. Pique-nique. Descente à la crique appelée « Les Bains de Cléopâtre », sans que le passage de la star n’y soit strictement garanti ! (Cléopâtre, reine d’Egypte, alliée et amante du Romain Marc-Antoine, concurrent politique et sentimental de l’empereur Jules César ; les coalisés furent battus par les Romains loyaux à Actium en 31 avant notre ère). En continuant notre rando de bord de mer nous parvenons à la baie de Binlik où nous attend notre goélette. Nous sommes toujours dans la baie de Féthiye, mais dans une sous-partie très abritée, dépendant du port de Gökcek. Baignade.
Jour 5 - Baie de Binlik - Fethyie
Le matin, nous levons l’ancre pour traverser la baie d’ouest en est et mouiller devant la plage de Sarsali où une immense mouette a été peinte. Débarquement sur la côte et début de notre randonnée. Sentier, forêts de pins, rocailles, paysage méditerranéen du sud. Quelques tombeaux et sarcophages lyciens épars sur les crêtes. Pique-nique. Nous repassons auprès des "’Bains de Cléopâtre" pour continuer plus au nord. Dans l’après-midi, notre bateau nous rejoint et nous récupère sur la côte où nous sommes parvenus. Embarquement. Navigation (2h30) vers Féthyie. Amarrage à quai. Promenade en ville, visite de l’antique Telmessos (théâtre gréco-romains, tombeaux lyciens), achats.
Jour 6 - Kayaköy - l’île de Saint-Nicolas
Après le petit-déjeuner, début de notre rando de 3 h de marche le matin (Féthiye-Kayaköy) et de 2 h l’après-midi (Kayaköy-Olüdeniz). De Féthiye, nous empruntons un ancien sentier lycien et nous montons à un col (dénivelée 250 m) nous permettant d’atteindre une plaine (Belen) au-dessus de laquelle 1500 maisons en ruines forment un curieux paysage de fin du monde. Auparavant, nous visitons la nécropole lycienne de Geceler. L’antique cité lycienne de Karmylassos devint, durant l’empire byzantin, la ville "grecque"’ de Levissi, et s’appelle aujourd’hui Kayaköy. En 1923, lors de la création de la République de Turquie, la Société Des Nations (qui devint l’O.N.U.) organisa un échange de populations : les Turcs vivant en Grèce et les Grecs vivant en Turquie furent invités à regagner leur Patrie respective, en échange de logements et d’une indemnité. Les "Grecs" de Levissi créèrent près de Thessalonique et d’Athènes les "Néo-Levissi" actuelles. Et les Turcs de Thessalonique arrivèrent pour créer Kayaköy dans la plaine en contrebas, sans vouloir habiter dans les maisons des anciens occupants. Ces maisons abandonnées forment cette cité fantôme, patinée par les intempéries et l’érosion. Deux immenses églises et une grande quantité de chapelles témoignent des activités cultuelles des "Grecs" ou de ceux que l’on prit pour tels. Comme en Cappadoce et en autres lieux d’Anatolie, les habitants de ces poches non turques ni musulmanes n’étaient pas forcément d’origine grecque, d’ethnie grecque. Mais, depuis les invasions d’Alexandre, et par-dessus l’empire romain, le grec continua à être la langue employée par le peuple (anciens Lyciens vaincus et assimilés, colons grecs puis romains, apports variés étrangers, …). La prédication de la religion chrétienne employa d’abord et conserva ici ensuite le grec pour sa liturgie et la récitation de son dogme. Jusqu’au début du 20ème siècle, les poches chrétiennes orthodoxes en pays musulman, employant le grec pour leur liturgie et leur communication interne, furent assimilées à des colonies de "Grecs", à des habitants venus de Grèce. La confusion fut entérinée par la S.D.N.: les orthodoxes (livres de prières en grec) furent envoyés en Grèce, au pays supposé de leurs ancêtres, ce qui est moins que sûr, sauf pour une infime partie d’entre eux…! Pause déjeuner. Rando de l’après-midi (2 h). De Levissi (visite du village abandonné), nous montons (250 m de dénivelée) à un col où vieillit lentement une chapelle orthodoxe. Puis descente magnifique, à travers chênes verts et caroubiers, vers une crique appelée "Les Eaux Froides" (résurgence dans les eaux chaudes de la méditerranée d’eau douce de la montagne). Notre goélette y est déjà au mouillage! Embarquement. baignade. Nous allons mouiller l’ancre au pied de l’île de saint-Nicolas (Gemiler) à une demi-heure de navigation. Visite de l’île. Des centaines de bâtisses, églises, chapelles, habitations, se superposaient sur un îlot où pas un mètre carré de terre ne permettait de faire pousser un pied de salade. Les Byzantins des 4, 5 et 6èmes siècles y construisirent un lieu de retraite imprenable. Puis les croisés de saint-Jean-de-Jérusalem, venant de Malte et de Rhodes, aux alentours du 12ème siècle, y ajoutèrent une couche, trouvant là un formidable bastion de guet et de repli. Curieux mont saint-Michel méditerranéen…Coucher de soleil depuis le sommet de l’îlot.
Jour 7 - Olüdeniz - Milas
Petite navigation et adieux à notre équipage et à notre goélette. Débarquement à la crique des "Eaux Froides". Notre randonnée sera relativement courte mais quelle beauté! Sentier surplombant la mer et découvrant Olüdeniz, la plage la plus célèbre de Turquie. Une lagune aux eaux turquoise où fut tournée une partie du «Monde du Silence» du Commandant Cousteau. Pique-nique, baignade. Temps libre en bord de mer. Transfert retour à Milas (3h30) et installation à l’hébergement.
Jour 8 - Bodrum/Paris
Transfert à l´aéroport (20 min) et vol pour Paris.
2 à 5h de marche par jour.
Transport des bagages : voiture + caïque.
Vous ne portez que vos affaires de la journée.
Bateau : traditionnel turc, aménagé avec des cabines doubles (grand lit), taille du bateau adaptée à celle du groupe. Propulsion assurée principalement au moteur. A votre disposition : barque pour se rendre à terre. Indispensable : savoir nager.
Hébergement : 1 nuit en pension, 1 nuit à l'hôtel, 5nuits sur le bateau pendant la croisière.
Nourriture : pique-niques à midi. Durant la croisière, cuisine locale préparée par le cuisinier.
Encadrement : accompagnateur turc francophone, équipage sur le bateau.
Transport aérien : vol affrété* (Gestair).
Groupe : 7 à 14 participants.
Supplément : 6 participants + 70 €.
Non compris dans le prix : les assurances, les frais d'inscription, les entrées des musées et sites, les pourboires, les boissons, le déjeuner du J1, le dîner du J7, les repas du J8.